Avec toute mon expérience humaine en Amérique latine et en Afrique, je peux dire qu’au milieu de toutes les pauvretés et les souffrances, la souffrance psychique est la plus redoutable. Ce n’est plus le monde autour de soi qui fait défaut, mais sa propre personne, sa propre perception du monde et de soi-même… Aimez un handicapé mental, il sera heureux, aimez un malade mental, il sera rapidement obligé de casser la relation car c’est trop lourd pour lui. Il nous faut donc trouver une nouvelle compassion qui sache s’adapter à une telle situation limite…

Ce travail demande beaucoup de patience, il demande de croire qu’il y a un mystère de la personne audelà de ses pensées et de ses actes…Il y a quelqu’un qui vit, qui souffre, que l’on peut rejoindre par la compassion : être là, présent à ce que vit la personne, jusqu’aux extrêmes limites, en croyant en cette personne, au-delà de toutes ses incohérences et souffrances. Par cette compassion, nous sommes présence du Christ… »

« Dès le départ, j’ai été sensible à la souffrance des parents, des familles, des amis de personnes malades. Depuis plus de trois ans, il s’est formé un groupe de parents avec une rencontre trimestrielle. Nous nous sommes affiliés au mouvement « Relais d’amitié et de prière ». Le but est de se soutenir dans l’amitié et dans la foi, car les parents sont très seuls, démunis, face aux troubles de leur proche. Ce groupe nous permet de lutter contre l’isolement et d’aborder nos problèmes du point de vue de la foi, à travers une nouvelle dimension de la personne…

Voilà notre manière d’ « aller au coeur de la foi ». Et c’est une joie.