Relais Lumière Espérance

Rencontre chrétienne de familles et d’amis de personnes souffrant de maladie psychique

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« LA JOIE DE L’AMOUR », UNE PAROLE D’ESPERANCE POUR LES CONJOINTS QUI SOUFFRENT

1-François met son exhortation en lien avec l’année de la Miséricorde et affirme qu’« elle vise à encourager chacun à être un signe de miséricorde et de de proximité là où la vie familiale ne se réalise pas parfaitement ou ne se déroule pas dans la paix et la joie » ( 4)

« Dans les situations difficiles que vivent les personnes qui sont le plus dans le besoin, l’Eglise doit avoir surtout à cœur de les comprendre, de les consoler, de les intégrer, en évitant de leur imposer une série de normes, comme si celles-ci étaient un roc, avec pour effet que ces personnes se sentent jugées et abandonnées précisément par cette Mère qui est appelée à les entourer de la miséricorde de Dieu. Ainsi, au lieu de leur offrir la force régénératrice de la grâce et la lumière de l’Evangile, certains veulent faire de ce dernier une doctrine, le transformer en « pierres mortes à lancer contre les autres » ( 49)

2-Le Pape consacre le ch.4 à décrire ce que doit être l’amour dans le mariage. Il commence par le mot « patience », mais il donne aussitôt cette précision qui peut nous toucher :

« avoir patience, ce n’est pas permettre qu’on nous maltraite en permanence, ni tolérer les agressions physiques, ni permettre qu’on nous traite comme des objets » (92) Il conclut ce paragraphe en affirmant : « l’amour a toujours un sens de profonde compassion qui porte à accepter l’autre comme une partie de ce monde, même quand l’autre agit autrement que je l’aurais désiré » ( 92)

Quand François commente l’affirmation de St Paul sur l’amour qui espère tout » ( I Co 13,7) il précise qu’espérer, ce n’est pas croire que tout va changer dans cette vie, mais c’est avoir la certitude d’une vie au-delà de la mort :

« cette personne, avec toutes ses faiblesses, est appelée à la plénitude du ciel. Là, complètement transformée par la résurrection du Christ, ses fragilités n’existeront plus, ni ses obscurités, ni ses pathologies. Là, le véritable être de cette personne brillera avec toute sa puissance de bien et de beauté. Cela nous permet aussi, au milieu des peines de cette terre, de contempler cette personne avec un regard surnaturel, à la lumière de l’espérance, et d’espérer cette plénitude qu’elle recevra un jour dans le Royaume du ciel,, bien que cela ne soit pas visible maintenant. » (117)

En commentant la phrase « l’amour supporte tout », le Pape conclut ainsi : « L’idéal chrétien, et particulièrement dans la famille, est un amour en dépit de tout. J’admire parfois, par exemple, l’attitude de personnes qui ont dû se séparer de leur conjoint pour se préserver de la violence physique, et qui cependant, par charité conjugale qui sait aller au-delà des sentiments, ont été capables de leur faire du bien – même si c’est à travers d’autres personnes – en des moments de maladie, de souffrance ou de difficulté. Cela aussi est un amour en dépit de tout. » ( 119)

« … il est particulièrement urgent de mettre en place un ministère dédié à ceux dont la relation conjugale s’est brisée. »( 238)

3-Le Pape évoque les séparations inévitables :

« Dans certains cas, la valorisation de sa propre dignité et du bien des enfants exige de mettre des limites fermes aux prétentions excessives de l’autre, à une grande injustice, à la violence ou à un manque de respect qui est devenu chronique. Il faut reconnaître qu’il y a des cas où la séparation est inévitable. Parfois, elle peut devenir moralement nécessaire, lorsque, justement, il s’agit de soustraire le conjoint le plus faible, ou les enfants en bas âge, aux blessures les plus graves causées par l’abus et par la violence, par l’avilissement et par l’exploitation, par l’extranéité et par l’indifférence. Mais on ne peut l’envisager que « comme un remède extrême après que l’on a vainement tenté ce qui était raisonnablement possible pour l’éviter » ( 241)

Le Pape aborde ensuite la situation des personnes divorcées engagées dans une nouvelle union :

« Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union sentent qu’elles font partie de l’Eglise, qu’elles ne sont pas excommuniées, et qu’elles ne sont pas traitées comme telles, car elles sont inclues dans la communion ecclésiale. Ces situations exigent aussi que les divorcés bénéficient d’un discernement attentif et qu’ils soient accompagnés avec beaucoup de respect, en évitant tout langage et toute attitude qui fassent peser sur eux un sentiment de discrimination ; il faut encourager leur participation à la vie de la communauté. Prendre soin d’eux ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément en cela que s’exprime sa charité ». ( 243)

Le Pape évoque ensuite la nécessité de « rendre plus accessibles et souples les procédures en vue de la reconnaissance des cas de nullité » ( 244)

4- Avec le dernier chapitre intitulé « Accompagner, discerner et intégrer la fragilité », François affirme son désir d’éviter toute exclusion et invite à discerner la diversité des situations dites « irrégulières », en désirant « intégrer » tout le monde et en assurant un accompagnement qui fait la vérité dans la miséricorde. Le Pape décrit longuement le processus de discernement pastoral que les pasteurs peuvent engager avec les personnes en situation irrégulière, particulièrement les divorcés remariés.

Il ne nous appartient pas de mettre en œuvre ce type de processus dans nos groupes RLE, mais nous avons à nous inspirer de plusieurs affirmations très fortes comme celles-ci :

« Deux logiques parcourent toute l’histoire de l’Eglise : exclure et réintégrer… La route de l’ Eglise, depuis le concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégration… La route de l’Eglise est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère… Car la charité véritable est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite. Donc, il faut éviter les jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des diverses situations ; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souffrent à cause de leur condition » ( (296)

« Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale pour qu’il se sente l’objet d’une miséricorde imméritée, inconditionnelle et gratuite. Personne ne peut être condamné pour toujours parce que ce n’est pas la logique de l’Evangile. Je ne me réfère pas seulement aux divorcés engagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent. » ( 297)

Le Pape rappelle au passage l’enseignement habituel de l’Eglise sur les « circonstances atténuantes » qui peuvent diminuer , voire supprimer la responsabilité d’une personne par rapport à un mal objectivement constaté. Il s’agit des conditionnements psychologiques ou sociaux comme la force des habitudes, la situation matérielle, la peur, la violence, les passions, l’immaturité, le lien vis-à-vis d’une autre personne, la dépendance à une addiction, etc. Tous ces conditionnements empêchent d’agir autrement. Utile rappel quand on réfléchit sur les conséquences de la maladie psychique ! ( voir 301)

5- Le Pape conclut avec cette note très personnelle :

« Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus Christ veut une Eglise attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité : une Mère qui, en même temps qu’elle exprime clairement son enseignement objectif, ne renonce pas au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route… Jésus attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains, afin d’accepter vraiment d’entrer en contact avec l’existence concrète des autres et de connaître la force de la tendresse. » ( 308)

P. Edmond BILLARD, 26 septembre 2020

Né auprès d’Ancenis en 1946, j’ai été ordonné prêtre en 1970 après des études au séminaire universitaire d’Angers. J’arrive à St Jean-Paul II après un long parcours en divers lieux du diocèse de Nantes. D’abord comme vicaire ou aumônier en service auprès des enfants ou des jeunes, à Châteaubriant, à Carquefou, à Guérande et à Nantes ; les années les plus marquantes ont été celles que j’ai passées comme adjoint au service diocésain des vocations, puis comme responsable de l’aumônerie des étudiants. De 1996 à 2016, j’ai goûté aux joies de la charge de curé de paroisse sur plusieurs clochers, d’abord à St Etienne de Montluc-Cordemais, puis à Carquefou-Sucé ; j’ai eu le bonheur d’être très investi dans le grand chantier diocésain du remodelage des paroisses de 2001 à 2003. Tout récemment, pendant 3 ans, je me suis exercé à l’accompagnement de l’équipe d’animation paroissiale de Sautron comme prêtre modérateur de la charge pastorale. J’ai souhaité rejoindre une équipe de prêtres et je me réjouis déjà de l’accueil très fraternel que m’a réservé l’équipe pastorale de St Jean-Paul II. J’apprécie aussi d’être plus proche du lieu où s’exerce la partie    « diocésaine » de mon ministère : j’ai été appelé, il y a trois ans, à rejoindre l’équipe du service de l’exorcisme. Je suis heureux de pouvoir continuer un travail en paroisse, malgré les limites de l’âge et de la santé ; je sais que j’ai beaucoup à découvrir dans cette paroisse St Jean-Paul II, et ce défi me stimule.

 

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